Comment choisir son superviseur quand on est psychologue ou psychothérapeute ?

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En bref

Un bon superviseur est d’abord quelqu’un avec qui l’on peut apporter ses doutes et ses erreurs sans crainte d’être jugé. Il est formé à la supervision, lui-même supervisé, et pose un cadre clair. Son orientation théorique compte, mais moins que la qualité de la relation de travail.

Choisir son superviseur est une décision importante : c’est une relation qui peut durer des années et qui influence la manière dont on travaille avec ses patients. Voici les critères que nous partageons avec les psychologues et psychothérapeutes qui nous contactent, y compris quand ils choisissent finalement de travailler avec quelqu’un d’autre.

1. Le sentiment de sécurité dans la relation

C’est le critère le plus important. La supervision n’est féconde que si l’on peut y apporter ce qui pose problème : une impasse, une erreur, une émotion qui dérange. Si l’on se surprend à présenter ses situations sous leur meilleur jour, c’est un signal. Un superviseur suffisamment solide accueille ces moments comme le cœur du travail, sans dire ce qu’il aurait fallu faire.

2. Une formation spécifique à la supervision

Être un bon clinicien ne suffit pas pour superviser. La supervision fait appel à une position méta : la capacité d’être en relation tout en s’observant dans cette relation, et de repérer ce qui, de la thérapie, se reflète dans la supervision elle-même. Une formation spécifique à la supervision et l’appartenance à une fédération professionnelle de superviseurs sont de bons repères.

3. Un superviseur lui-même supervisé

Un superviseur qui fait superviser sa propre pratique garantit un regard tiers sur ses choix et sur ce qu’il vit en séance. C’est l’objet de la supervision de superviseur.

4. Un cadre clair, construit ensemble

Durée et fréquence des séances, tarifs, confidentialité, modalités d’annulation, possibilité de visio : ces éléments doivent être posés dès le départ, et pouvoir évoluer. Le cadre n’est pas une contrainte administrative : c’est ce qui permet à la relation de supervision d’être à la fois chaleureuse et structurante.

5. Une orientation théorique compatible, pas forcément identique

Travailler avec un superviseur de la même orientation facilite le dialogue. Un regard différent peut aussi ouvrir des pistes nouvelles. Une approche intégrative, qui articule par exemple les apports systémiques, attachementistes, intersubjectifs et psychocorporels, permet souvent de s’ajuster à des orientations variées.

6. Le bon format : individuel, collectif, visio ou cabinet

La supervision individuelle convient aux situations complexes et à ceux qui veulent faire le lien avec leurs résonances personnelles. La supervision collective apporte la richesse des pairs. La visio permet de choisir son superviseur sans contrainte géographique.

Et la première séance ?

Une première rencontre permet de vérifier que le courant passe, d’exposer ses attentes et de construire le cadre. Il est tout à fait légitime de rencontrer plusieurs superviseurs avant de choisir. Pour comprendre en détail ce qu’apporte la supervision, voir notre guide de la supervision des psychologues et psychothérapeutes.

Questions fréquentes

Faut-il choisir un superviseur de la même orientation que soi ?

Pas nécessairement. L’essentiel est que son approche soit compatible avec la vôtre et qu’il vous aide à développer votre propre style.

Peut-on changer de superviseur ?

Oui. Changer de superviseur au fil de sa carrière permet aussi de diversifier les regards sur sa pratique.

Un superviseur doit-il être psychologue ?

Pour la supervision clinique de psychologues et de psychothérapeutes, une solide expérience clinique est indispensable, en plus d’une formation à la supervision.

Alexis Rancourt est psychologue clinicien depuis 2002, psychothérapeute et superviseur professionnel. Il a fondé COHAO, cabinet de supervision à Montpellier, et supervise des psychologues, des psychothérapeutes, des superviseurs et des équipes, au cabinet ou en visio.

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L’auteur

Alexis Rancourt, psychologue depuis 2002, a exercé 23 ans en protection de l’enfance. Il supervise des psychologues, des psychothérapeutes, des superviseurs et des équipes, au cabinet à Montpellier et en visio. En savoir plus sur son parcours · Prendre contact