La supervision des psychologues et des psychothérapeutes : à quoi sert-elle et comment se déroule-t-elle ?

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En bref

La supervision clinique est un espace régulier où un psychologue ou un psychothérapeute élabore ses situations cliniques, et ce qu’elles lui font vivre, avec un superviseur formé. Elle n’est pas obligatoire légalement en France, mais elle est largement considérée comme une condition de qualité et de sécurité de la pratique. Elle peut être individuelle ou collective, au cabinet ou en visio.

Travailler avec la souffrance psychique engage le clinicien tout entier. Être touché fait partie d’un travail empathique ; être débordé arrive aussi. La supervision offre un tiers pour retrouver de l’appui, la capacité de penser et sa place de thérapeute. Ce guide reprend les questions qui reviennent le plus souvent, à partir de plus de dix ans de pratique de la supervision de psychologues libéraux et de psychothérapeutes.

Qu’est-ce que la supervision clinique ?

La supervision clinique est un temps de travail, en individuel ou en groupe, au cours duquel un thérapeute présente des situations de sa pratique à un superviseur. Ensemble, ils cherchent à comprendre ce qui se joue dans la relation thérapeutique : ce que vit le patient, ce que vit le thérapeute, et ce qui circule entre eux.

C’est un espace à visée professionnelle, mais qui ne se limite pas à la technique : il s’articule sur les dimensions professionnelles et personnelles, selon ce que le supervisé souhaite aborder. Ce qu’une situation réveille chez le thérapeute, son histoire, ses résonances, sont souvent des informations précieuses sur la situation elle-même. La supervision se distingue ainsi de la formation, qui transmet des contenus, et de la psychothérapie, dont elle ne poursuit pas les objectifs.

Elle a aussi un effet modélisant : ce que le supervisé vit dans la relation de supervision (un cadre sécurisant, une écoute qui accueille les émotions sans jugement, une manière de penser ensemble) s’éprouve de l’intérieur, et se transpose peu à peu dans sa façon d’être avec ses patients.

À quoi sert la supervision d’un psychologue ?

  • Élaborer ses situations cliniques : un suivi qui s’enlise, un patient qui touche plus que les autres, une décision difficile.
  • Comprendre ce qui se rejoue dans la relation : chacun reproduit des schémas relationnels appris au fil de son histoire. Non repérés, ils peuvent amener le thérapeute à rejouer avec son patient une dynamique que celui-ci connaît déjà.
  • Différencier ce qui appartient au thérapeute et ce qui appartient au patient, notamment quand surgissent l’impuissance, l’ennui, la confusion ou un sentiment d’imposture.
  • Prendre soin de soi et prévenir l’épuisement professionnel.
  • Développer sa propre manière de travailler, son style, sa créativité.

Les émotions du thérapeute sont souvent les premières à signaler ce qui se rejoue. En supervision, elles sont accueillies comme des informations plutôt que comme des erreurs. Il arrive d’ailleurs que ce qui se vit dans la thérapie se reflète dans la relation de supervision elle-même : le repérer ouvre souvent des pistes nouvelles.

La supervision est-elle obligatoire pour les psychologues ?

Non : en France, aucune loi n’impose la supervision aux psychologues ou aux psychothérapeutes. Elle est pourtant recommandée par les organisations professionnelles, souvent exigée par les écoles de psychothérapie pendant la formation, et considérée par la plupart des cliniciens comme une condition de qualité et de sécurité de la prise en charge, autant pour les patients que pour le thérapeute.

En pratique, beaucoup de psychologues libéraux, souvent isolés, en font un rendez-vous régulier tout au long de leur carrière, et pas seulement à leurs débuts.

Comment se déroule une séance de supervision ?

En supervision individuelle, une séance dure en général une heure. Le thérapeute apporte une ou plusieurs situations, ou une question plus large sur sa pratique. Le superviseur aide à déplier la situation : ce qui a été vécu, la manière dont on la comprend, les décisions concrètes à prendre. Bien des impasses viennent d’une réponse donnée dans un registre qui n’est pas celui de la difficulté.

Plutôt que de se focaliser sur l’anamnèse, le travail se fait volontiers dans l’ici et maintenant de la relation, en articulant ce qui se dit (le récit du patient) et ce qui se joue sans se dire : le ton, le rythme, les absences, les retards, les oublis de paiement. Le superviseur propose ses hypothèses comme des pistes mises en discussion : elles ne valent que si elles font sens pour le supervisé.

Supervision individuelle ou collective ?

La supervision individuelle laisse davantage de temps pour présenter des situations complexes et faire le lien avec ses propres résonances. La supervision collective de psychologues réunit un petit groupe de pairs : la pluralité des regards enrichit la lecture des situations, rompt l’isolement et permet d’apprendre des situations apportées par les autres. Beaucoup de praticiens combinent les deux selon les périodes.

Supervision en visio ou au cabinet ?

La supervision psychologue en visio offre la même qualité d’élaboration clinique qu’au cabinet, avec davantage de souplesse. Elle permet de travailler avec un superviseur qui vous convient, quel que soit votre lieu d’exercice, y compris à l’étranger. Il est essentiel qu’elle passe par une plateforme sécurisée, conforme au RGPD. Chez COHAO, les deux modalités peuvent se combiner : visio partout en France, ou cabinet à Montpellier.

À quelle fréquence et à quel tarif ?

Le rythme se définit ensemble, selon le volume d’activité et les besoins : mensuel pour beaucoup de praticiens, plus rapproché lors d’une installation ou d’une période difficile. Les tarifs dépendent du format (individuel, collectif, institutionnel) : ils sont détaillés sur notre page tarifs.

Comment choisir son superviseur ?

Le critère le plus important est sans doute le sentiment de sécurité : pouvoir apporter ses doutes et ses erreurs sans crainte d’être jugé. La formation spécifique à la supervision, le fait d’être soi-même supervisé et la clarté du cadre comptent aussi. Nous y consacrons un guide : comment choisir son superviseur.

Questions fréquentes

Qui peut bénéficier d’une supervision clinique ?

Les psychologues, psychothérapeutes et professionnels de la relation d’aide engagés dans des accompagnements thérapeutiques, en libéral comme en institution, débutants comme expérimentés.

La supervision remplace-t-elle une psychothérapie personnelle ?

Non. La supervision est un espace à visée professionnelle, qui peut accueillir des dimensions personnelles selon ce que le supervisé souhaite aborder, sans poursuivre les objectifs d’une psychothérapie. Si un besoin de travail personnel plus approfondi se fait sentir, le superviseur peut orienter vers un psychothérapeute.

Combien de temps dure une séance de supervision ?

En général une heure en individuel, et 1 h 30 à 2 h en groupe, selon le nombre de participants.

Peut-on être supervisé en visio depuis l’étranger ?

Oui. La supervision en visio est accessible partout, dès lors que l’on dispose d’une connexion internet de qualité.

Alexis Rancourt est psychologue clinicien depuis 2002, psychothérapeute et superviseur professionnel. Il a fondé COHAO, cabinet de supervision à Montpellier, et supervise des psychologues, des psychothérapeutes, des superviseurs et des équipes, au cabinet ou en visio.

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L’auteur

Alexis Rancourt, psychologue depuis 2002, a exercé 23 ans en protection de l’enfance. Il supervise des psychologues, des psychothérapeutes, des superviseurs et des équipes, au cabinet à Montpellier et en visio. En savoir plus sur son parcours · Prendre contact